Création de société

Faut-il un expert-comptable pour créer une société ?

L'expert-comptable est-il obligatoire pour créer une SASU, SAS, EURL ou SARL ? Découvrez ce que vous pouvez faire seul et quand son intervention devient utile.

Non, il n'est pas obligatoire de prendre un expert-comptable pour créer une société. Une SASU, SAS, EURL ou SARL peut même tenir elle-même sa comptabilité. En revanche, la création d'une société entraîne de véritables obligations comptables, fiscales et déclaratives. La bonne question est donc moins « est-ce obligatoire ? » que « est-ce pertinent de m'en passer dans mon projet ? ».

Créer une société implique déjà plusieurs dépenses.

Publication d'une annonce légale, formalités d'immatriculation, dépôt du capital, assurances, outils de gestion…

Il est donc naturel de chercher à distinguer ce qui est réellement obligatoire de ce qui ne l'est pas.

Et l'expert-comptable revient presque systématiquement dans la discussion.

Pourtant, juridiquement, les choses sont assez simples : vous pouvez créer une société sans expert-comptable.

Cela ne signifie pas pour autant que votre société sera dispensée de comptabilité.

C'est précisément cette distinction qu'il faut comprendre.
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L'expert-comptable est-il obligatoire pour créer une SASU, SAS, EURL ou SARL ?

Non.

Une société commerciale peut tenir elle-même sa comptabilité.

Lorsqu'une société décide de confier sa comptabilité à un professionnel, elle doit s'adresser à un expert-comptable inscrit au tableau de l'Ordre. Mais le dirigeant peut choisir d’effectuer lui-même cette comptabilité.

Autrement dit, aucune intervention d'un expert-comptable n'est nécessaire uniquement pour obtenir l'immatriculation de votre SASU, SAS, EURL ou SARL.

Vous pouvez donc juridiquement créer votre société sans avoir encore signé de lettre de mission avec un cabinet comptable.
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Créer sans expert-comptable ne signifie pas créer sans obligations comptables

C'est là que la nuance devient importante.

Une société commerciale doit tenir une comptabilité, enregistrer les mouvements qui affectent son patrimoine et contrôler régulièrement ses actifs et passifs.

Elle doit également établir ses comptes annuels à la clôture de son exercice. Selon sa taille et sa situation, ceux-ci comprennent notamment un bilan, un compte de résultat et éventuellement une annexe. Les comptes doivent ensuite, dans les situations prévues par la loi, être déposés.

L'absence d'expert-comptable ne supprime donc aucune obligation.

Elle signifie simplement que vous prenez en charge vous-même leur réalisation.

Et c'est là que la décision devient davantage entrepreneuriale que juridique.

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Peut-on vraiment tenir seul la comptabilité de sa société ?

Oui, juridiquement.

Mais il faut distinguer ce qui est possible de ce qui est pertinent.

Un dirigeant qui maîtrise la comptabilité peut gérer lui-même les écritures de sa société, ses déclarations et l'établissement de ses comptes.

Pour un entrepreneur qui n'a jamais tenu une comptabilité d'engagement, les choses sont différentes.

Il faudra notamment organiser les justificatifs, enregistrer correctement les opérations, traiter la TVA, les immobilisations et amortissements éventuels, préparer la clôture de l'exercice et produire les déclarations fiscales correspondantes.

La question devient donc :

voulez-vous réellement apprendre à devenir comptable en même temps que vous apprenez à devenir dirigeant ?

Dans certaines activités très simples, cela peut être envisageable.

Dans d'autres, le temps gagné et le risque évité justifient rapidement la délégation.

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À quel moment faut-il choisir son expert-comptable ?

Il n'est pas nécessaire d'attendre la première clôture des comptes.

En pratique, il peut être pertinent d'échanger avec l'expert-comptable avant même l'immatriculation.

Pourquoi ?

Parce que plusieurs choix réalisés lors de la création auront ensuite des conséquences sur la gestion de l'entreprise :

  • régime fiscal ;
  • régime de TVA ;
  • rémunération du dirigeant ;
  • organisation comptable ;
  • date de clôture ;
  • prévisionnel financier ;
  • besoin de trésorerie.

La date de clôture, par exemple, est choisie lors de la création de la société et le premier exercice peut, sous certaines conditions, durer moins ou plus de douze mois, dans la limite de vingt-quatre mois.

Il est donc souvent beaucoup plus simple de coordonner les sujets juridiques et comptables avant l'immatriculation plutôt que de découvrir quelques semaines plus tard que certains choix doivent être modifiés.

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Avocat ou expert-comptable : qui fait quoi lors de la création d'une société ?

Les deux professionnels n'ont pas le même métier.

L'avocat intervient principalement sur la structuration juridique du projet : choix de la forme sociale, répartition du capital, gouvernance, statuts, relations entre associés, pouvoirs du dirigeant ou encore anticipation de l'entrée future d'investisseurs.

L'expert-comptable intervient principalement sur l'organisation comptable, fiscale et financière de l'entreprise. Il organise et vérifie la comptabilité des entreprises et qu'il peut également accompagner les créateurs sur les aspects comptables, économiques et financiers de leur projet.

Dans un projet bien construit, l'enjeu n'est donc pas de choisir entre les deux.

Il est de faire intervenir la bonne compétence sur la bonne décision.

Prenons un exemple simple.

Vous hésitez entre SASU et EURL.

Cette décision touche à la fois :

  • au statut juridique du dirigeant ;
  • à sa protection sociale ;
  • à la manière dont il pourra se rémunérer ;
  • au fonctionnement de la société ;
  • à sa fiscalité ;
  • à son évolution future.

Une analyse uniquement juridique ou uniquement comptable risque donc de laisser de côté une partie du sujet.

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Pourquoi cette organisation devient encore plus importante en 2026 ?

Parce que la gestion administrative des entreprises évolue.

Depuis le 1er septembre 2026, les sociétés établies en France et assujetties à la TVA doivent être capables de recevoir des factures électroniques.

L'obligation d'émission s'applique déjà aux grandes entreprises et ETI et s'étendra aux PME et micro-entreprises le 1er septembre 2027.

Pour une société créée aujourd'hui, il est donc pertinent de réfléchir dès son démarrage à son organisation de facturation et de comptabilité.

Choisir ses outils six mois après la création est possible.

Les choisir dès le départ permet souvent d'éviter de reconstruire toute son organisation administrative une fois l'activité lancée.

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Peut-on commencer sans expert-comptable puis en choisir un plus tard ?

Oui.

La décision n'est pas irréversible.

Vous pouvez commencer en autonomie et confier ensuite votre comptabilité à un expert-comptable.

Mais plus votre activité se développe, plus la reprise du dossier peut nécessiter de vérifier ce qui a déjà été enregistré.

Si vous envisagez cette solution, une règle simple peut être utile :

organisez dès le premier jour votre entreprise comme si quelqu'un devait reprendre votre comptabilité demain.

Cela signifie notamment conserver vos factures, justificatifs et relevés, distinguer les dépenses personnelles des dépenses professionnelles et utiliser des outils permettant de retrouver facilement chaque opération.

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Cas pratique : création d'une SASU de conseil

Prenons une consultante qui crée une SASU.

Son activité est relativement simple : elle vend des prestations de conseil, n'a pas de salarié et prévoit une trentaine de factures par mois.

Elle pourrait juridiquement tenir seule sa comptabilité.

Mais son véritable objectif est de développer rapidement son activité.

Elle préfère donc consacrer son temps à trouver ses premiers clients et confier la comptabilité à un expert-comptable.

En revanche, avant la création, elle travaille avec son avocat sur le choix de la structure, sa rémunération future, les statuts et les conséquences de l'évolution envisagée de son entreprise.

L'expert-comptable intervient parallèlement sur son prévisionnel, la TVA, l'organisation comptable et le suivi financier.

Personne ne fait « tout ».

Chacun intervient sur son domaine.

Et la dirigeante dispose dès le départ d'une structure cohérente.

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Les erreurs fréquentes autour de l'expert-comptable

Penser que l'expert-comptable est obligatoire pour créer une société

Ce n'est pas le cas.

Vous pouvez créer une société sans expert-comptable et tenir vous-même sa comptabilité.

Confondre expert-comptable et commissaire aux comptes

Le commissaire aux comptes n'a pas la même mission.

Il intervient notamment pour contrôler et certifier les comptes dans les situations où sa nomination est obligatoire ou lorsqu'il est volontairement désigné.

L'expert-comptable accompagne au contraire l'entreprise dans l'établissement et le suivi de sa comptabilité.

Choisir son expert-comptable après avoir pris toutes les décisions

Le professionnel du chiffre ne sert pas uniquement à établir un bilan onze mois plus tard.

Son analyse peut également être utile au moment du prévisionnel, du choix de la fiscalité ou de l'organisation financière du projet.

Demander à un seul professionnel de décider de toute la structure

Créer une société implique des questions juridiques, fiscales, comptables, sociales et financières.

Un bon accompagnement repose souvent davantage sur une équipe coordonnée que sur un interlocuteur censé maîtriser seul toutes les matières.

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Ce que cela signifie concrètement pour votre création d'entreprise

Avant votre immatriculation, vous devriez au minimum savoir :

  1. quelle structure juridique vous créez ;
  2. comment le dirigeant sera rémunéré ;
  3. quel régime fiscal et de TVA sera appliqué ;
  4. qui tiendra la comptabilité ;
  5. quel outil sera utilisé pour les factures et justificatifs ;
  6. quelle date de clôture vous retenez ;
  7. qui préparera les comptes annuels et déclarations fiscales.

Vous n'avez donc pas obligatoirement besoin d'un expert-comptable pour déposer votre dossier de création.

Mais vous devez savoir comment votre entreprise fonctionnera une fois le Kbis obtenu.

C'est une nuance importante.

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FAQ : expert-comptable et création de société

L'expert-comptable est-il obligatoire en SASU ?

Non. Une SASU peut tenir elle-même sa comptabilité. Si elle confie cette mission à un professionnel externe, celui-ci doit être un expert-comptable inscrit à l'Ordre.

L'expert-comptable est-il obligatoire en SARL ?

Non. Le même principe s'applique : la SARL peut gérer elle-même sa comptabilité ou la confier à un expert-comptable.

Puis-je créer ma société avant d'avoir choisi mon expert-comptable ?

Oui. Il n'est pas nécessaire d'avoir signé une lettre de mission pour immatriculer votre société. Il reste toutefois pertinent d'anticiper l'organisation comptable avant le début effectif de l'activité.

Un expert-comptable peut-il m'aider à créer ma société ?

Oui. L'expert-comptable peut accompagner le créateur notamment sur les dimensions comptables, économiques et financières de son projet.

Est-il préférable de choisir l'avocat ou l'expert-comptable en premier ?

Il n'existe pas de réponse unique. Si les enjeux portent principalement sur la structure, les associés, la gouvernance ou les statuts, l'analyse juridique doit intervenir très tôt. Lorsque le projet nécessite un prévisionnel, un financement ou des arbitrages financiers importants, l'expert-comptable doit également être intégré rapidement.

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En conclusion : obligatoire, non ; utile, souvent

Il n'est pas obligatoire de prendre un expert-comptable pour créer une société.

Mais cette absence d'obligation ne doit pas conduire à sous-estimer les obligations comptables qui commencent dès le lancement de l'entreprise.

Créer une société signifie construire une structure juridique.

Créer une entreprise signifie ensuite la faire fonctionner.

C'est précisément pour cette raison que le juriste, l'expert-comptable, le banquier ou encore l'assureur ne doivent pas être envisagés comme des prestations isolées.

Ils constituent l'écosystème du futur dirigeant.

Chez Kairn Stone, la création de société est pensée de cette manière : nous structurons juridiquement le projet et travaillons avec votre expert-comptable lorsqu'il est déjà identifié. Si vous n'en avez pas encore, le cabinet peut également vous mettre en relation avec un professionnel de son réseau

Kairn Stone — Cabinet d'avocats en droit des affaires

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